Une interview de Yukio Mishima (三島由紀夫)

Pour les Japonais, ce qu'ils sentent comme plus essentiel, c'est ce qu'on acquiert dans cet "apprentissage" qu'on fait pendant que l'on essaie de résoudre le problème ou pendant que l'on se bat avec les difficultés qui se posent devant soi.



Yukio Mishima disait quelque part (en tout cas, avant son harakiri...)

Yukio Mishima disait quelque part (en tout cas, avant son harakiri...); "Regardez, voici une maison avec deux étage. L'Occidental trouvera immédiatement une méthode convenable pour aller du rez-de-chaussée au premier étage: il construira un escalier..." "Pour l'Oriental, poursuit Mishima, il n'y a pas de méthode universelle. Chacun doit trouver la sienne: un bâton, une échelle de corde. Un Indien méditera vingt années, puis il montera en imagination à l'étage supérieur.... Un disciple zen commencera par la concentration. Il ne s'occupera pas de la solution technique, mais après sa concentration, peut-être pourra-til bondir directement à l'étage supérieur..." Mishima rit:


"Avec la méthode occidentale, je me demande: Suis-je au premier étage ?"

"Avec la méthode occidentale, je me demande: Suis-je au premier étage ?" Dans la circonstance décrite, il y a une grande différence entre ce que nous sentons viscéralement comme objectif. Pour les Occidentaux, l'objectif est clair ! "Aller au premier étage"; Et c'est nécessaire et suffisant.


Or, pour les Orientaux, en particulier pour les Japonais, ce qu'ils sentent comme plus essentiel, c'est ce qu'on acquiert dans cet "apprentissage" qu'on fait pendant que l'on essaie de résoudre le problème ou pendant que l'on se bat avec les difficultés qui se posent devant soi.

Or, pour les Orientaux, en particulier pour les Japonais, ce qu'ils sentent comme plus essentiel, c'est ce qu'on acquiert dans cet "apprentissage" qu'on fait pendant que l'on essaie de résoudre le problème ou pendant que l'on se bat avec les difficultés qui se posent devant soi. Cette différence d'objectif que nous sentons viscéralement apparaît partout du petit détail de la vie quotidienne au problème fondamental de notre existence en passant pat l'acte d'amour (en passant, je me demande combien de Japonaises, soit épousées, soit amoureuses à un Français remarquent ou sentent ces décalages essentiels de nos sentiments. Enfin, si leur objectif est passer une vie agréable et pas plus ni moins, ne posons pas de question inutile ...)


A ce point de vue, il est clair pourquoi Mishima se demande avec la méthode occidentale: Suis-je au premier étage ?

A ce point de vue, il est clair pourquoi Mishima se demande avec la méthode occidentale: Suis-je au premier étage ? Si l'on monte au premier étage avec la méthode occidentale, peut-être scientifique, universelle et démocratique, bien que nous nous trouvions au premier étage (étage supérieur et une réussite apparente !...), nous n'avons pas changé ! Nous restons les mêmes que nous avons été au rez-de-chaussée. En conséquence, l'objectif que les Japonais sentent viscéralement n'est pas du tout atteint, bien qu'ils aient atteint au premier étage (étage supérieur et une réussite apparente...)


D'où vient cette différence ? Je pense que cela vient de nos deux tendances: la pensée holistique japonaise et le dualisme européen.

Kiyota dit : si l'on vend les techniques au rabais pour les bénéfices temporaires, l'on perd immédiatement la crédibilité et la confiance. Nos clients pensent que nos prix comprennent les frais de R & D. Ainsi, ils estiment avec justice nos techniques et savoir-faire et achètent à prix plus élevé. Il y a dix ans, le chiffre d'affaires est tombé largement à cause de la récession, mais la descente s'est arrêtée au mois de janvier. La vente a repris maintenant à 60 % de la meilleure année grâce aux clients qui font la confiance aux techniques et savoir-faire de Kiyota.


Lorsqu'on essaie avec la volonté sérieuse et sinceère, l'échec est un patrimoine précieux pour la réussite suivante.

D'où vient cette différence ? Je pense que cela vient de nos deux tendances: la pensée holistique japonaise et le dualisme européen. Au cours de ce "Espace Japon", nous pensons à approfondir ces deux tendances. Peut-être certains Français me diront: Voyons, même dans les moments critiques, l'être humain est fondamentalement paresseux. Ce n'est pas un motif de culpabilité et il n'y a rien là non plus qui vaille la peine de s'en guérir. c'est une vérité pure et simple. Ce n'est qu'au cinéma que le héros courageux revient sur ses pas pour secourir sa bien-aimée sur laquelle un monstre féroce se jette. Dans le monde réel, un type ordinaire court pour se mettre à l'abri en transpirant de peur. Ce n'est qu'une fois tiré d'affaire, le temps de reprendre ses esprit, qu'il se demande: "Mais où est-elle passée ?" En passant, je vous précise qu'il y a pas mal de Japonais qui, une fois décidé de faire la gymnastique tous les jour, s'obligent de la faire même lorsqu'ils sentent un peu malade (je ne sais pas d'où vient cette folie des Japonais...peut-être il s'agira de leur culture de la culpabilité...) et qui tombent vraiment malades...


Pourquoi chercher une solution à tâtons alors que je peux la trouver directement ? Il est dans la nature humaine de préférer la solution toute prête.

Mais, pas de problème avec les Français...vous vous direz: pourquoi chercher une solution à tâtons alors que je peux la trouver directement ? Il est dans la nature humaine de préférer la solution toute prête. Bien des problèmes dans la vie sont assez courants ou présentent d'assez grandes similitudes avec d'autres pour que quelqu'un ait été déjà confronté au même problème que moi. Il me suffit alors de trouver la réponse correspondante et de me servir pour poursuivre ma route...


Ainsi, les Occidentaux ont bâti une science et une démocratie modernes mais ces science et démocratie, réduites souvent à la logique de la rentabilité, n'ont pas pu cultiver les êtres humains.

Qu'en pensez-vous ?