La cérémonie du thé (茶道)

Les Japonais ont une façon élégante de passer leurs heures de loisir. Pour ceux qui aiment le Japon mais qui n'auront pas pour le moment l'occasion d'aller au Japon, voici quelques ambiances de la cérémonie du thé.


La cérémonie du thé (茶道)

Quelques connaissances, qui ont des goûts communs, se réunissent dans une petite maison rustique dans un jardin discret pour boire un thé appelé cha (茶) et passent quelques heures tranquilles goûtant les beaux arts, la nature et la poésie de la vie... Les invités, après avoir rincé leurs mains et leur bouche à l'eau "pure" du jardin pour purifier symboliquement leur corps et leurs pensées, entrent dans la pièce appelée chashitsu (茶室), par une porte minuscule appelée nijiriguchi (にじり口). L'hôte arrive par une autre porte de l'office. Après l'échange de salutations, il sert un repas appelé kaiseki (懐石) suivi du cha (茶), qui est préparé devant les invités. Le cha (茶) est fait en faisant infuser dans l'eau bouillante de la poudre de feuilles vertes de la plante appelée théa sinensis et en battant avec un fouet en bambou pour obtenir une boisson mousseuse. L'acte de faire du cha (茶) est accompli rituellement comme si l'on concoctait un elixir de vie.


L'esprit du ichigo-ichie (一期一会) exprime l'attitude de l'hôte et des invités dans ce passe-temps calme et poétique.

Lorsque le cha (茶) a été servi, l'hôte et ses invités échangent des commentaires et expriment leur appréciation des beaux et délicats ustensiles du cha, le décor de la pièce, l'arrangement floral, les rouleaux suspendus, le jardin et la saison etc... L'esprit du ichigo-ichie (一期一会) exprime l'attitude de l'hôte et des invités dans ce passe-temps calme et poétique. La traduction littérale du ichigo-ichie (一期一会) est "un temps - une rencontre", et signifie que cette occasion de partager le cha avec vous ne peut arriver qu'une fois : cette réunion ne sera jamais considérée comme un événement sans importance. Tout au long de l'histoire de la culture japonaise, cette habitude de boire du cha appelée chanoyu (茶の湯) a exalté la conscience artistique et spirituelle du peuple en dehors des sentiers de la vie. De nombreux artisans, tels que des ouvriers laqueurs, potiers, tisserands, et des métaux - se sont intéressés spécialement au chanoyu (茶の湯) car, pour eux, boire le cha est un trésor des oeuvres d'art estimées que l'hôte dispose pour la préparation du cha.


Sen Rikyu (千利休 1522-1591) qui est considéré comme père de l'actuelle forme de l'art du cha, résuma les principes qui le guident en quatre éléments: wa, kei, sei et jaku.

Sen Rikyu (千利休 1522-1591) qui est considéré comme père de l'actuelle forme de l'art du cha, résuma les principes qui le guident en quatre éléments: wa, kei, sei et jaku. Le moine zen Senzaki Nyogen (1879 - 1958) interpréta éloquemment l'esprit de chanoyu ainsi:

WA (和) : est l'harmonie et soutient la tendresse, le sentiment de gentillesse

KEI (敬) : est le respect et fait ressortir l'humanité, la vive conscience de son imperfection, inspirant de la gratitude pour la bonté du monde envers les subalternes, et la médiation élogieuse.

SEI (清) : est la pureté et signifie beau et rafraîchissant, clair et franc

JAKU (寂): quatrième mot est la paix, la solitude signifiant non seulement le calme mais aussi l'espritpoétique - la sensation que l'on ressent en voyant de doux objets, la tranquillité, le contentementsatisfait, détendu et paisible. La signification de jaku ne peut être complètement comprise sansle sens du zen et le goût du cha...


Le chashitsu où le chanoyu se passe est souvent rattaché au bâtiment principal de la maison.

Le chashitsu où le chanoyu se passe est souvent rattaché au bâtiment principal de la maison. Il y a aussi des chashitsu indépendants, construits dans une partie éloignée du jardin et entourés de verdure. Dans ce dernier cas, la structure indépendante est rattachée à la maison principale par des pierres échelonnées de formes naturelles. Les plans et l'utilisation de matériaux pour chaque chashitsu sont différents. Certains ont des toits de chaumes, d'autres ont des tuiles, mais le style de l'entrée leur est commun. L'entrée d'un chashitsu est si basse que l'on doit plier le genou et baisser la tête profondément pour pouvoir y passer. Pour pouvoir rencontrer la beauté face à face - chacun en pénétrant dans la pièce par cet orifice doit s'humilier en baissant la tête - geste de perte de sa position sociale et de sa renommée. A l'apogée des fiers samouraïs, bien que leur sabre était leur âme, et le symbole de leur statut, ils se devaient de le laisser sur un râtelier à l'entrée du chashitsu gouverné par l'harmonie, le respect, la pureté et la tranquillité.


Parmi les ustensiles nécessaires à la préparation du cha, le bol appelé chawan (茶碗), dans lequel le cha est bu à petites gorgées, transmet intimement l'essence de l'art du chanoyu.

Parmi les ustensiles nécessaires à la préparation du cha, le bol appelé chawan (茶碗), dans lequel le cha est bu à petites gorgées, transmet intimement l'essence de l'art du chanoyu. C'est un grand récipient sans poignée, et il est tenu entre les paumes des deux mains. Bien qu'il soit généralement grand de taille, la portion de cha écumeux est petite et peut être bue en trois coups. La sensation de boire le cha dans ce chawan (茶碗) est similaire à celle de boire de l'eau - dans les mains en forme de coupe - d'une source claire, pendant le voyage dans les montagnes - un sentiments qui revivifie tout le corps. Le chashitsu est comme une oasis dans ce monde pris vertige et kaléidoscopique. Le cha de chanoyu est une boisson qui satisfait l'âme assoiffée et aride de l'homme. Dans le chashitsu, avec l'arôme de l'encens, le contact des beaux et simples ustensiles du cha et la vue du chabana (茶花), le sensuel et spirituel fusionnent pour créer une nouvelle diemnsion d'une infinie magnitude.


Pas japonais, dallages, mousses, gazons et couvre-sols


Dans les jardins du thé qui ne sont souvent que de simples sentiers au milieu des arbres, les dallages mettent les accents de l'art au coeur de la nature.

Dans les jardins du thé qui ne sont souvent que de simples sentiers au milieu des arbres, les dallages mettent les accents de l'art au coeur de la nature. Les dallages alternent avec des pierres isolées qu'on appelle ici les pas japonais. Les dallages sont souvent formés de deux nappes aux contours rectilignes placées côte à côte avec un léger décalage. Les pierres isolées forment des courbes discrètes parfois interrompues par des plages de terre battue recouverte d'un peu de sable clair. Pour dessiner l'itinéraire des pas japonais, le mieux est de se promener lentement dans le jardin et de poser les dalles où les pas ont laissé des traces. On complète ensuite le dessin par des pierres qui accentuent de façon esthétique les formes ainsi déterminées.


La mousse apporte une poésie rustique aux jardins, elle rappelle les sentiers de montagne où séjournaient les moines zen.

La mousse apporte une poésie rustique aux jardins, elle rappelle les sentiers de montagne où séjournaient les moines zen. La mousse peut venir toute seule dans les jardins, si leur humidité est constante, sinon on la pose par plaques. Le tapis vert peut recevoir des fleurs tombées des arbres et des arbustes ou encore des feuilles décrochées par le vent d'automne. Dans le jardin du thé, on évite de laisser la mousse sur les lanternes en pierre ou sur les décors architecturaux.


Fontaine, bassins et vasques

Le charme des fontaines vient de la beauté de leur bassin en pierre et de la simplicité de leur bec en bambou. Les bassins, vasques et lave-mains sont posés sur un lit de galets qui laisse l'eau s'évacuer. Devant et autour des fontaines se trouvent divers aménagements à la fois fonctionnels et décoratifs. Devant se trouve une pierre plate pour poser la bouilloire, sur la gauche, une autre pierre plate un peu plus haute, pour poser une lampe portable. A droite se trouve une pierre où l'on pose la louche en bambou qui sert à puiser de l'eau. La louche se pose toujours l'ouverture en bas, jamais vers le haut.


Salle d'attente, portes, clôtures

Ce n'est souvent qu'un banc sous une structure rustique en bois recouverte de chaume.

Ce n'est souvent qu'un banc sous une structure rustique en bois recouverte de chaume. On ajoute souvent un mur ou deux sur les côtés pour donner un peu d'intimité. Une fenêtre de forme ronde ou plus originale, en forme de fleur ou d'éventail permet aux invités de regarder le jardin sous ses divers angles. L'éventail des formes de portes est vaste: de la simple porte en maille de bambou attachée par de la paille à la porte monumentale couverte d'un toit, il existe toute une gamme de portes adaptées aux jardins du thé. Le seuil des portes est généralement marqué par une pierre allongée semi-enterrée. La même variété de formes se retrouve dans les clôtures, écrans et barrières.


Pavillons du thé

Les pavillons du thé sont de petites constructions légères dont l'élégance est associée à la sobriété.

Les pavillons du thé sont de petites constructions légères dont l'élégance est associée à la sobriété. Leur modèle est la chaumière paysanne, mais revue par un artiste lettré. certains pavillons sont très fermés, d'autres s'ouvrent plus largement sur le jardin ou le paysage. La structure comporte un toit avancé couvrant une petite terrasse et abritant l'accès au pavillon. Le plancher est au-dessus du sol, reposant sur des pilotis dont certains peuvent être placés dans un petit lac ou sur une déclivité de terrain. Le pavillon offre ainsi la meilleure vue sur le paysage et participe aussi aux paysages compsés dans les grands jardins du thé. Etes-vous prêt maintenant pour la méditation transcendante ? Alors, allez au dernier étage de la maison de la culture du Japon où il y a une petite chambre du thé.


La plus célèbre chambre du thé (cha-shitsu - 茶室), Joan (如庵).

Cette chambre est un des trésors nationaux du Japon. Joan a été construite par Yurakusai Oda (織田有楽斎) qui est frère de ce célèbre Nobunaga Oda (織田信長), Napoléon japonais, en 1615 à Kyoto dans le temple Ken-nin-ji (建仁寺). En 1908, le célèbre zaibatsu, Mitsui l'a achetée et emménagée dans sa propriété à Azabu Tokyo.

Entre-temps, Joan a été désignée comme trésor national en 1936. En 1938, Mitsui l'a à nouveau emménagéedans sa propriété à Oiso. En 1938, Mitsui l'a à nouveau emménagéedans sa propriété à Oiso. Puis, en 1970, c'est la société de chemin de fer Nagoya Tetsudo qui l'a achetée et Joan se trouve aujourd'hui dans le jardin Yuraku-en (有楽苑) appartenant au Château Inuyama (犬山城). Ainsi, Joan est revenue dans le pays natal de Yurakusai (有楽斎). Deux fois par an, en avril et novembre, la chambre du thé et la bibliothèque sont ouvertes au public.A ce moment, vous pouvez les admirer tranquillement.

Puis, en 1970, c'est la société de chemin de fer Nagoya Tetsudo qui l'a achetée et Joan se trouve aujourd'hui dans le jardin Yuraku-en (有楽苑) appartenant au Château Inuyama (犬山城). Ainsi, Joan est revenue dans le pays natal de Yurakusai (有楽斎).

Deux fois par an, en avril et novembre, la chambre du thé et la bibliothèque sont ouvertes au public.A ce moment, vous pouvez les admirer tranquillement.


Au Japon, il y a deux autres chambres du thè désignées comme trésor national.

(1) Taian (待庵)


(2) Mitsutanseki (密庵席)


Après l'avoir parcourue, cette ambiance dans votre tête, vous pourrez aller à la maison de la culture du Japon à Paris qui organise régulièrement la cérémonie du thé à laquelle vous pourrez participer.

La Maison de la culture du Japon à Paris: 101bis, quai Branly 75015 Paris

Tél: 01-44-37-95-01

https://www.mcjp.fr/fr